Archive pour 24 juin, 2007

Pierre Loti et Rochefort 2

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La cour de la Maison de Loti à Rochefort.

Au cours de ma vie, j’ aurais donc été moins
impressionné sans doute par la fantasmagorie
changeante du monde, si je n’ avais commencé l’ étape
dans un milieu presque incolore, dans le coin le plus
tranquille de la plus ordinaire des petites villes :
recevant une éducation austèrement religieuse ;
bornant mes plus grands voyages à ces bois de la
Limoise, qui me semblaient profonds comme les
forêts primitives, ou bien à ces plages de
l’  » île  » , qui me mettaient un peu d’ immensité dans
les yeux lors de mes visites à mes vieilles tantes
de Saint-Pierre-d’ Oleron.
C’ était surtout dans la cour de notre maison que
se passait le plus clair de mes étés ; il me
semblait que ce fût là mon principal domaine, et je
l’ adorais…
bien jolie, il est vrai, cette cour ; plus ensoleillée
et aérée, et fleurie que la plupart des jardins de
ville. Sorte de longue avenue de branches vertes et
de fleurs, bordée au midi par de vieux petits murs
bas d’ où retombaient des rosiers, des chèvrefeuilles,
et que dépassaient des têtes d’ arbres fruitiers du
voisinage. Longue avenue très fleurie donnant des
illusions de profondeur, elle s’ en allait en
perspective fuyante, sous des berceaux de vigne et de
jasmin, jusqu’ à un recoin qui s’ élargissait comme
un grand salon de verdure, -puis elle finissait à
un chai, de construction très ancienne, dont les
pierres grises disparaissaient sous des treilles et du lierre.
 
Oh ! Que je l’ ai aimée, cette cour, et que je l’ aime
encore !
Les plus pénétrants premiers souvenirs que j’ en
aie gardés, sont, je crois, ceux des belles soirées
longues de l’ été. -oh ! Revenir de la promenade,
le soir, à ces crépuscules chauds et limpides qui
étaient certainement bien plus délicieux alors
qu’ aujourd’ hui ; rentrer dans cette cour, que les
daturas, les chèvrefeuilles remplissaient des plus
suaves odeurs, et, en arrivant, apercevoir dès la
porte toute cette longue enfilade de branches
retombantes ! …
par-dessous un premier berceau, de jasmin de la
Virginie, une trouée dans la verdure laissait
paraître un coin encore lumineux du rouge couchant.
Et, tout au fond, parmi les masses déjà assombries
des feuillages, on distinguait trois ou quatre
personnes bien tranquillement assises sur des
chaises ; -des personnes en robe noire, il est vrai,
et immobiles-mais très rassurantes quand même,
très connues, très aimées : mère, grand’ mère et
tantes. Alors je prenais ma course pour aller me
jeter sur leurs genoux, -et c’ était un des
instants les plus amusants de ma journée.

Extrait du Roman d’un enfant de Pierre Loti.

Sources : http://gallica.bnf.fr/

Rescapées …..

de la pluie et du vent….

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