Poèmes et chats !!!!!

Le chat

 

Dans ma cervelle se promène,

Ainsi qu’en son appartement,

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Un beau chat, fort, doux et charmant.

Quand il miaule, on l’entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret;

Mais que sa voix s’apaise ou gronde,

Elle est toujours riche et profonde.

C’est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre

Dans mon fonds le plus ténébreux,

Me remplit comme un vers nombreux

Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux

Et contient toutes les extases;

Pour dire les plus longues phrases,

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                                       Elle n’a pas besoin de mots.                                     

Non, il n’est pas d’archet qui morde

Sur mon coeur, parfait instrument,

Et fasse plus royalement

Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,

Chat séraphique, chat étrange,

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En qui tout est, comme en un ange,

Aussi subtil qu’harmonieux!

II

De sa fourrure blonde et brune

Sort un parfum si doux, qu’un soir

J’en fus embaumé, pour l’avoir

Caressée une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu;

Il juge, il préside, il inspire

Toutes choses dans son empire;

Peut-être est-il fée, est-il dieu?

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime

Tirés comme par un aimant,

Se retournent docilement

Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement

Le feu de ses prunelles pâles,

Clairs fanaux, vivantes opales,

Qui me contemplent fixement.

                                                            C. Baudelaire

Les chats

 

Les amoureux fervents et les savants austères

Aiment également, dans leur mûre saison,

Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,

Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté

Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres;

L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,

S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

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Ils prennent en songeant les nobles attitudes

Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,

Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,

Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,

Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

C. Baudelaire.

 


4 commentaires

  1. Fleur de Sel dit :

    Quels beaux vers,
    C’est mon minou qui va être content…
    A bientôt
    Fleur de Sel

  2. Patoo dit :

    quel poète merveilleux, que ce Baudelaire !
    c’était vraimet un grand amoureux des chats !
    merci d’avoir mis en ligne, ces deux chefs d’oeuvre,
    à bientôt jacqueline, patoo

  3. jullia dit :

    Baudelaire a vraiment su poétiser sur les chats…D’autres écrivains comme Colette,Lèonor Fini, Cocteau même…Tous amoureux de ces étranges et doux félins…
    Bisous

    Dernière publication sur C'est chez moi! : Au revoir...

  4. Tao le chat dit :

    les vers de BAUDELAIRE sont peut être bien parmi les plus beaux écrits sur les chats
    je suis content de les relire sur votre site
    Tao

Répondre

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